La conception du bien-manger des Z’Homnivores

Bretagne-bien-manger-mieux-manger-alimentation

La Bretagne, région pionnière du bien-manger en Europe.

Comment définissons-nous le bien-manger ?

 

Manger est une expérience riche et complexe. Manger concerne en tout premier lieu notre santé. Mais « bien manger » c’est aussi s’assurer que notre mode d’alimentation préserve durablement notre environnement naturel. C’est se préoccuper de la bientraitance des animaux que nous élevons pour nous en nourrir. C’est enfin un acte culturel, fait de partage, de plaisir, de transmission, de découverte, voire de création. Toutes ces dimensions sont constitutives de notre humanité, et supposent la recherche constante d’un équilibre entre production, durabilité et éthique.

Bien manger, c’est affirmer nos convictions humanistes et progressistes, avec les milliers d’hommes et de femmes qui enrichissent chaque jour nos savoir-faire, en assumant que l’être humain, animal éthique, se nourrisse du vivant.  La Bretagne procure aujourd’hui leur alimentation à 20 millions d’habitants dans le monde. Elle se donne pour mission de produire des aliments animaux et végétaux de qualité qui assurent à tous de bien se nourrir pour vivre en bonne santé en respectant les animaux et la planète, tout en préservant les agricultures vivrières des pays les plus pauvres.

 

Grandir et vivre en bonne santé

S’agissant de la santé, la diversité des sources alimentaires reste le maitre mot. Le Haut Conseil de la santé Publique recommande de manger chaque jour cinq fruits et légumes, deux produits laitiers, des produits céréaliers complets et peu transformés et une petite poignée de fruits à coque sans sel ajouté, et chaque semaine deux portions de poissons, 500 grammes de viande rouge et 150 grammes de charcuterie au maximum, ainsi qu’au moins deux portions de légumineuses (haricots, pois, lentilles).

Varier, manger de tout, limite les risques de carence, lesquelles peuvent s’avérer très graves en cas d’exclusions excessives, souvent mal contrôlées. Avoir systématiquement recours à des compléments pharmaceutiques pour corriger les carences ne nous semble pas souhaitable.

Un régime omnivore apportant à l’homme ses protéines pour 30 à 40 % sous forme de protéines animales et pour 60 à 70 % sous forme de protéines végétales définit un équilibre raisonnable pour grandir et vivre en bonne santé. Avec des variantes en fonction des conditions géographiques parfois extrêmes auxquelles sont soumis les hommes et les femmes. Pensons au régime très contraint des Inuits, par exemple, fait pour l’essentiel d’aliments animaux.

A cela s’ajoute un principe de relative tempérance : moins mais mieux. Il est par ailleurs recommandé de limiter nos apports en sel, matières grasses et produits sucrés. C’est la dose qui fait le poison… A chacun toutefois de régler ses apports caloriques en fonction de son activité physique, de son sexe et de son âge. Un adolescent en pleine croissance ou une femme qui allaite n’ont pas les même besoins qu’une personne d’âge mûr travaillant dans un bureau.

La Bretagne est une terre d’abondance et de diversité. La nature nous a donné des pâturages, des terres fertiles et la mer… La palette est très riche : viandes, charcuterie, poissons et crustacées, algues, produits laitiers, œufs, crêpes, biscuits et pâtisseries, légumes, fruits, sel, plats cuisinés, cidre, vin, bière, jus de fruit, eau de source. Il n’existe pas en France de région dont la production soit à ce point diversifiée. Notre environnement nous offre les moyens d’une alimentation variée, et la possibilité de partager avec d’autres régions et d’autres pays la diversité et la qualité du bien-manger breton.

Deux éléments fondamentaux sont réunis en Bretagne aujourd’hui : la sécurité sanitaire, nous produisons des aliments sains, et la sûreté alimentaire, nous produisons en quantité suffisante. C’est une des raisons des investissements étrangers sur notre territoire. Nos entreprises, pour la plupart, maîtrisent les standards qualité les plus exigeants : BRC, IFS ou ISO 22000.

 

Environnement et biodiversité

La préservation de l’environnement suppose que l’on prenne en compte à la fois la production agricole primaire, la transformation, le conditionnement et la gestion des déchets, tout au long du cycle de vie des produits.

Le déclin de la biodiversité, l’appauvrissement de la flore, la disparition des oiseaux, des insectes et tout particulièrement des abeilles, sont autant de sujets de  préoccupation. Nous sommes confrontés à une forme d’urgence. Ces problèmes multifactoriels sont liés pour une partie significative  à nos modes de production. Ils méritent d’être traités sans attendre et avec la ferme volonté d’aboutir. Ce volontarisme doit s’accompagner d’une gestion intelligente de la transition, en matière de recherche d’alternatives durables, et en termes d’accompagnement économique et pédagogique des producteurs les plus impactés.

Près des deux tiers des terres agricoles dans le monde sont impropres à la culture. Mais la plupart d’entre elles se prêtent au pâturage et sont de véritables gisements de biodiversité. Optimiser les ressources de la planète nous invite donc à combiner élevage et culture. C’est une façon d’éviter le gaspillage. Le système de polyculture élevage, bien adapté à la Bretagne, est le plus viable pour garantir un système d’alimentation durable à l’échelle de la planète afin de lutter contre la faim dans le monde.

La Bretagne est une région naturellement herbagère. La pluie s’y transforme en lait sous l’effet d’un climat océanique très doux. En bordure d’océan, nos terres sont souvent généreuses et propices aux cultures. Ne dit-on pas joliment que « la Bretagne est un potager posé sur l’océan ». Nous devons enfin à notre situation de presqu’île d’être abondamment pourvus en produits de la mer.

Ces conditions exceptionnelles ont fait de la Bretagne la première région agricole d’Europe, en quantité et en diversité. Invitée à produire massivement après-guerre pour subvenir aux besoins d’une population française mal nourrie, la Bretagne a pleinement assumé cette mission. Depuis trente ans, une nouvelle ère s’est ouverte, privilégiant l’extrême diversité des attentes et des pratiques. Nos producteurs se sont rapidement adaptés, faisant de la Bretagne historique une région leader en lait bio (33 % du national) et en légumes frais bio (20 % du national). Ces productions progressent rapidement, aujourd’hui 2/3 des agriculteurs bretons produisent sous signes de qualité. Cette nouvelle page de notre histoire permet de corriger certains travers des trente glorieuses. Nos agriculteurs appliquent désormais les principes de l’agriculture raisonnée, de l‘agriculture de précision, de l’agroécologie, de la lutte biologique, de la permaculture… Les intrants se réduisent significativement. La qualité de l’eau s’améliore. Les proliférations anarchiques d’algues vertes sont mieux maîtrisées, après mise en œuvre de plans d’actions concrets. La Bretagne fait la course en tête dans le palmarès de l’écologie publié chaque année par le journal La Vie. Nos agriculteurs et nos entreprises agroalimentaires montrent chaque jour leur volonté  d’adaptation aux  attentes de la société et leur capacité à résoudre les problèmes.

La montée en qualité caractérise l’évolution des trois dernières décades. La Bretagne confirme sa volonté de se positionner en haut de l’échelle pour exister durablement dans le concert de la compétition mondiale. C’est une nouvelle révolution, parfois difficile, car les cycles d’investissements sont encore plus longs dans élevage que dans l’industrie, mais les indicateurs montrent que cette évolution est en marche, irrévocablement. Elle seule assurera sur le long terme un revenu décent et de bonnes conditions de travail aux agriculteurs et aux salariés de la filière.

Les PME bretonnes adoptent volontiers les principes de la Responsabilité Sociale et Sociétale des Entreprises (RSE). Bien manger, c’est intégrer l’écoconception des produits : sourcing des ingrédients, préservation des qualités nutritionnelles lors de l’élaboration, conception des emballages, valorisation des déchets… L’écho favorable que rencontre la BreizhCop dans nos entreprises en témoigne. A titre d’exemple, le Réseau Produit en Bretagne inscrit la gestion de l’eau, de l’énergie, des déchets, au nombre des critères passés au crible de son audit d’adhésion.

 

Le respect des animaux

Les éleveurs se sont toujours souciés du bon état de santé de leurs animaux, d’abord parce qu’ils aiment leur métier, ensuite parce que c’est leur intérêt. La question de la bientraitance a toutefois pris un tour plus sensible sous la pression des associations qui défendent la cause animale, laquelle, nous semble-t-il, ne doit pas être séparée de la cause des hommes et des femmes qui travaillent à leur contact. Bien que la perception de l’élevage « d’autrefois » soit largement fantasmée, l’évolution des conditions de vie des animaux et des hommes dans les grands élevages reste discutable, car nos objectifs changent. Ces conditions doivent donc encore progresser. La bonne volonté des éleveurs et le travail concret sur les cinq critères qui définissent la bientraitance animale permettent une prise en compte plus objective de la condition animale.

Si bien manger, c’est aussi donner du sens à ce que l’on mange, alors la dignité de l’animal qui donne sa vie pour nous nourrir doit rester présente à notre esprit. Notre gratitude conditionne notre respect. Et c’est dans ce respect que s’inscrivent les efforts que font les éleveurs pour améliorer les conditions de vie de leurs animaux. Tout doit être mis en œuvre pour que les salariés des abattoirs et des boucheries aient la possibilité d’éprouver et d’exercer un même respect dans l’accompagnement de la fin de vie des animaux. L’animal est un être sensible. Il mérite notre attention, notre protection et nos soins. En se distinguant des autres espèces, l’homme s’est assigné des devoirs envers l’animal. Celui-ci n’est pas un minerai alimentaire, à l’instar des steaks in vitro que d’aucuns nous présentent comme l’horizon radieux de notre alimentation.

 

Culture et plaisir

La quête de sens nourrit la culture. Manger est un partage de civilisation.
On a parfois avancé que la chasse était à l’origine de notre humanité. C’est probablement forcer le trait, mais c’est reconnaître un lien originel très fort entre alimentation et civilisation. La Bretagne aurait abrité les premiers feux à Menez Dregan à Plouhinec, 465 000 ans avant notre ère… C’est le début d’une très longue tradition culinaire qui fleurit aujourd’hui dans notre région chez une quarantaine de chefs étoilés et des milliers d’amateurs éclairés. La vocation nourricière du kig-ha-fars ou de la potée bretonne, après les rudes travaux des champs, s’est enrichie d’une dimension festive, délibérément gourmande, faite de métissage, de découverte et d’innovation. Manger rassemble dans le partage et le plaisir. « Convier quelqu’un, c’est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu’il est sous votre toit » affirme Brillat-Savarin dans sa Physiologie du goût.

Les hommes et les femmes qui travaillent dans les PME et les coopératives bretonnes ont su transformer en pépites les produits de notre agriculture et de notre pêche. La Bretagne est ainsi la première région française en nombre de médailles au Concours Général Agricole de Paris, témoignant de la variété et de l’excellence de ses productions. Diversité rime avec nouveauté. Ainsi le blé noir, est à l’origine des crêpes et du fars, mais aussi de chips, de biscuits, de crèmes glacées, de bières et de whisky, tous fortement imprégnés d’identité bretonne.

La Bretagne est enfant du monde. Nous avons évoqué le blé noir, mais les fraises, pommes de terre, oignons roses, tomates, artichauts, cocos… sont autant d’emprunts aux cinq continents. Nous les avons faits nôtres en les interprétant. Ils sont aujourd’hui de puissants marqueurs de notre culture. Ils repartent à la conquête du monde, porteur de notre identité et de nos savoir-faire : crêpes, biscuits, kouign-amann, muscadet, fleur de sel, cochonaille, beurre salé, sardines… Mais aussi, semences et génétique. La Bretagne a quelques bonnes raisons de se vouloir région pilote du bien manger en Europe.

Pensons également à la transmission, qui est un exercice éminemment culturel. Qu’il s’agisse de la transmission des savoir-faire agricoles, de l’élaboration des produits, de la gastronomie, ou encore des savoir-faire en innovation et en qualité, ce sont aujourd’hui 140 000 hommes et femmes qui portent fièrement la filière du bien-manger breton.

Notre conception du « bien manger », en dernier ressort, affirme la liberté de chacun à choisir le menu qui répond le mieux à ses convictions personnelles, en conscience et selon ses besoins, dans le respect de ceux qui font d’autres choix. Omnivores, flexitariens, végétariens ou végétaliens, la clé du progrès est dans la diversité. In varietate concordia !

 

Les Z’Homnivores

Tapez votre recherche, puis cliquez sur entrée.